Caractère scientifique de l’économie politique

Une science, qu’il s’agisse d’une science de la nature ou d’une science sociale, se reconnaît à deux traits :

  1. Méthodes d’investigation de la science économique :

Définition :

On entend par méthodes scientifiques, les procédés rationnels, employés pour découvrir la vérité. Ces procédés diffèrent suivant les sciences, mais ils se ramènent à deux méthodes ; à la méthode déductive, et la méthode inductive.

  1. La méthode déductive :
  2. Elle parle des principes généraux dont l’exactitude a été démontrée, ou qui sont supposés exacts pour en tirer par un raisonnement logique des propositions nouvelles.

  3. La méthode inductive :
  4. Elle remonte des cas particuliers en vérité générale, elle consiste à observer d’abord des faits isolés, à rechercher les liens qui les unissent, à dégager les uniformités des principes généraux.

    $ Les caractères essentiels de cette méthode c’est de généraliser.

  5. Ces deux méthode sont indispensables pour l’économie politique :

Comme c’est le cas pour toute sorte de science, mais l’économie politique suppose :

  1. L’observation des faits :

Elle doit reporter sur deux domaines :

Des phénomènes extérieurs à l’homme ;

L’homme lui même, et sur les mobiles de son activité économique.

Donc c’est la psychologie qui nous renseigne sur les mobiles de l’activité économique des hommes pour les phénomènes économiques extérieurs aux individus, nous cherchons à les connaître soit par l’observation de faits isolés, soit par des enquêtes, des recherches historiques, statistiques…

$ L’observation est beaucoup plus difficile dans les sciences sociales que dans les sciences physiques et naturelles pour deux raisons :

Par exemple, on ne peut par recourir à l’expérimentation, on a recours à l’abstraction.

  1. Les hypothèses :
  2. Il faudrait déterminer les rapports qui existent entre les phénomènes économiques pour trouver une explication générale qui permette de prévoir ces phénomènes. C’est la méthode inductive qui consiste à formuler les hypothèses à supposer, mais une loi qui expliquerait de façon générale, tous les phénomènes qui se rapportent au phénomène observé.

    Il faut faire une hypothèse et supposer qu’un comportement de l’homme détermine à lui seul tous les actes.

    De ce principe supposé général, la déduction permet de tirer les conséquences logiques.

  3. Vérification des hypothèses :

La déduction intervienne pour indiquer :

  1. Autres moyens utilisés :

Le monographie, c’est une étude détaillée d’un sujet complexe près illimité (étude au niveau d’une famille, commune…)

Les enquêtes collectives, c’est le résultat de nombreuses enquêtes individuelles, c’est à dire, de monographies (étude au niveau d’une catégorie ouvrière, relations commerciales étrangères…)

La statistique, elle étudie numériquement les faits et les rapports qui peuvent exister entre eux, elle réduit les grandes masses d’observation à des valeurs simples. Ces statistiques permettent de suivre l’évolution et les variations des phénomènes économiques dans le temps et dans l’espace, et de les comparer entre elles.

  1. Peut-on parler de loi économique :

L’économie politique s’efforce de parvenir à des uniformités de caractère général définissant des relations de succession et de similitude entre les phénomènes économiques.

De nos jours, la notion de loi est plus précise et plus nuancée.

La validité de la loi, n’existe que pour une échelle d’observation donnée.

Distinction des lois selon leur nature, dans des logiques qui découlent l’analyse qualitative, et des lois statistiques qui découlent de l’analyse quantitative, et qui exprime des régularités qui se constatent.

Autrement, ces lois économiques peuvent exprimer deux types de relations :

Une relation est stochastique, lorsqu’une valeur donnée de la variable indépendante correspond aux plusieurs valeurs dépendantes, dont une seule se réalisera. C’est le principe de la théorie du jeu.

Les lois économiques présentent deux caractères quelque soit leur nature :

Elles sont " Causales ", elles visent des phénomènes économiques qui se succèdent dans le temps (concept d’antécédence).

Elles sont conditionnelles, c’est à dire que certaines conditions doivent être vérifiées pour parler de lois économiques (conditions objectives, conditions subjectives).

Les lois économiques nous permettent de façon générale, de prévoir des lignes de conduite probables, et c’est un résultat à ne pas négliger.

  1. Les différentes sortes de lois économiques :
  1. Lois de courte période ou lois de réaction :

Ces lois expriment des réactions de très courtes périodes allant de quelques mois avec une marge d’erreurs relativement faible. Dans ce type de lois, les variables conjoncturelles jouent un rôle déterminant, elles ne changent pas beaucoup dans le temps, et elles sont considérées comme constantes. Comme exemple, l’accélérateur BD C = D I

B = le coefficient d’accélération ;

D = la variation ;

C = consommation ;

I = investissement.

Cette accélération met en évidence une relation fonctionnelle entre le niveau de l’investissement et le taux de changement de la consommation. Ces lois sont conditionnelles.

  1. Conditions objectives :
  2. La variation de la consommation n’engendre un investissement que si les producteurs des biens en consommation ont un équipement insuffisant. Donc plein emploi des biens d’équipement.

  3. Conditions subjectives :

Pour augmenter l’investissement, les producteurs doivent estimer que la variation de la consommation est durable.

Les lois économiques sont stochastiques :

Le coefficient qui mesure le degré de réaction attendue est calculé à partir de l’observation du passer dans des conditions données, qui doivent demeurer identiques pour indiquer exactement la réaction qui va se produire, ce qui n’est pas le cas.

Donc les lois économiques ne permettent pas d’effectuer des évaluations précises (c’est une simplification qui donne à l’économie politique un caractère d’exactitude qu’elle n’a pas.

  1. Lois de longues périodes ou lois d’évolution :

Elles décrivent les évolutions qui sont généralement constatées et qui sont appelée à se poursuivre logiquement dans le temps, donc la prévision devienne plus incertaine.

Exemple : la loi de Polin Clark et Fornastié relative à l’évolution de la production nationale.

Conclusion générale

Même si l’économie politique possède des véritables lois, c’est à dire, des réactions mesurables, dont on peut prévoir la répétition, elle n’ont pas la rigueur de celles des autres sciences.

C’est la raison pour laquelle on évite de parler de lois en utilisant le terme relation mécanisme économique.

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